Ateliers

Textes d'ateliers

Découvrez ici quelques textes produits par des participants.
« La chasse aux objets » est un exemple d'articulation des jeux d'écriture dans la séance.
Auteurs : Francine A., Pascal K., Matthieu P., Arlette R., Florence B., Pascal H., Myriam D.
Aller à...

« La chasse aux objets »

(Textes de Francine A.)
Jeu d'écriture 1 : l'objet dans mon sac
Choisissez un objet dans votre sac qui tient une importance particulière
pour vous, et décrivez-vous à travers lui.

Moyen de communication par excellence, je trouve en toi un allié de taille. Oui parce que tu ouvres tout un champ des possibles en termes de relation. Et surtout parce que je suis profondément relationnelle. Comme j’aime à le dire, « j’aime les gens ». Je me connecte à eux grâce à toi, au travers d’un court message, d’un simple « bonjour comment vas-tu ? », de longues conversations en cœur à cœur. Et ce qui est extraordinaire avec toi, c’est que le monde est à ma portée.

Ma famille, mes amis, mes connaissances, mes clients, en France, en Amérique, en Afrique, et peut-être un jour sur la lune… sont désormais aisément accessibles et joignables en quelques secondes.

Alors cher téléphone, merci de m’aider à cultiver des liens avec ceux qui sont loin mais que tu rends proches de mes oreilles et parfois même de mes yeux !

Jeu d'écriture 2 : l'objet parlant
Choisissez l'un des objets présentés et donnez-lui la parole.
Que nous révèle-t-il sur son propriétaire ? Intégrez à votre texte un sentiment dominant.

Solitude et indifférence, voilà le sort que mes propriétaires, Marc et Lucie me réservent. Pourtant, tout avait joliment commencé entre nous. 2 août 2017, je suis sur l’étal d’un brocanteur pendant le marché aux puces d’Ittenheim. L’étal se vide, je me demande si au terme de la journée je trouverai preneur. Alors que mon espoir s’amenuise voire disparaît, je vois s’approcher un jeune couple souriant et complice. Les yeux de Lucie croisent les miens et là je comprends que nous nous sommes trouvés. Dans la voiture, sur le chemin du retour, posé dans le sac de ma nouvelle amie, j’entends mes heureux propriétaires élaborer des projets et prendre des résolutions. Je réalise alors que je suis la pièce maîtresse de leur planification budgétaire.

Dépensiers maladifs, jamais depuis le début de leur vie commune, ils ne sont parvenus à économiser le moindre euro. On pourrait dire sans exagération qu’ils sont les victimes consentantes de la société de consommation. Voici le contexte qui a conduit à mon arrivée dans ce 2 pièces de la rue Marivaux. J’ai pour place le meuble principal du séjour. Une belle exposition me direz-vous, impossible d’ignorer le petit cochon vert au dos fendu. Et pourtant, depuis trois ans, je vis dans une indifférence sans nom. Je me sens profondément seul car aucun euro, aucun centime, n’est depuis lors venu me tenir compagnie, pas même pour quelques instants.

Jeu d'écriture 3 : l'objet incongru
Imaginez une scène autour de l'objet choisi précédemment,
en intégrant un lieu et un personnage tirés au sort.

– Mesdames, messieurs, bonsoir. Bienvenue au journal télévisé du 10 janvier 1997. A la une de l’actualité du jour, j’ai la joie de vous faire part d’un fait divers extraordinaire, qui dans le contexte actuel saura nous émerveiller.
Marie, jeune fermière de Poitou-Charentes, alors sous le coup d’une liquidation judiciaire vient de gagner 1 million d’euros après avoir découvert un chèque dans une tirelire en provenance d’Asie. Sans plus tarder, je vous propose d’écouter la jeune femme.
Marie, que s’est-il passé ? Racontez-nous comment votre vie a basculé en quelques instants ?
– Bonsoir madame Chazal, je suis vraiment bouleversée par ce qui m’arrive. Comme chaque jour, avant-hier, je m’occupais de mes animaux quand le facteur est arrivé à la ferme pour me livrer un panier de produits de soin que j’avais commandés en Inde, grâce à Amazon. Après son départ, j’ai ouvert le colis, et là j’ai eu la surprise d’y découvrir une tirelire prenant la forme d’un cochonnet vert. J’ai souri parce que, vous savez, j’élève des cochons. J’ai pris l’objet et remarqué qu’à l’intérieur il y avait un papier. Curieuse que je suis, je l’ai ouvert et là je n’ai pas cru ce que je voyais, alors j’ai pris mes lunettes. J’ai relu et c’était toujours la même chose.

– Marie qu’est-ce que c’était ?
– Un chèque madame, un chèque pour moi, avec mon nom et mon prénom écrits noir sur blanc. Et encore plus choquant, le montant inscrit m’a fait tomber à la renverse, 1 million d’euros ! J’ai hurlé comme jamais, tout le village a accouru chez moi. Il faut savoir, madame Chazal, que je risquais de perdre tout le fruit de mon travail, tout ce pour quoi mes parents avant moi s’étaient battus sept jours sur sept, pendant 30 ans. Donc, la semaine dernière, alors que je priais, j’ai dit au bon Dieu « s’il te plaît, toi qui es le Plus Grand, fais un miracle pour moi ». Madame Chazal, avez-vous déjà entendu quelque chose de semblable. Parce que, moi non !
– Alors Marie, c’est absolument époustouflant, rappelez-nous d’où venait ce colis ?
– D’Inde, de la ville de Bombay précisément. Il faut savoir que là-bas, ils ont de très bons produits pour soigner les cochons.

Objet : cochon tirelire
Personnage : fermière
Lieu : Bombay
Jeu d'écriture 4 : l'objet taboo
Décrivez cet objet sans citer les mots taboo qui s'y rapportent,
notés préalablement par votre voisin.

Quoi de plus beau que des mots. Assemblés ils forment de jolies phrases, qui coordonnées deviennent un texte inspiré, sous l’assaisonnement d’une imagination éclairée. Ce texte a désormais besoin d’un support, c’est alors que le papier fait son entrée. Blanc ou coloré, le choix s’offre à vous. Quoi de plus beau que des mots. 

Assemblés ils forment de jolies phrases, qui coordonnées deviennent un texte inspiré, sous l’assaisonnement d’une imagination éclairée. Ce texte a désormais besoin d’un support, c’est alors que le papier fait son entrée. Blanc ou coloré, le choix s’offre à vous.

Réponse : une page
Textes écrits par

Francine A.

Mes casquettes

Il y a certains jours
Je porte des casquettes
Il y celles qui expriment pour vous mon amour
Il y a celles que je porte lors de bals musette
Un jour je les porte à l’envers
D’autres je les enlève pour mes prières
Les couleurs choisies sont le reflet de ma croyance
En quelqu’un qui m’apprend l’indulgence.

Camée

Je me présente : je m’appelle Camée
Je voudrais te parler de Celui qui m’a créé
Grand orfèvre inspiré de ma personnalité
Qu’il a su dans son humble atelier dessiner
Il m’a imaginé avec des formes et des courbes harmonieuses
Mon berceau fait d’un métal aux notes lumineuses
Où il a déposé dans ce bel écrin
Le joyau de ma beauté naturelle
Qu’il a retenu d’un rêve, un matin
Symbole de sa vie à la fois romantique et charnelle
Immortalisé dans ce magnifique bijou qu’est mon âme
Et qu’il a fait de moi un habit pour beaucoup de dames.

Ma dent cassée

Je me promenais un beau matin d’été sur la place du marché. Je m’arrêtai alors devant l’étal du charcutier qui exposait ses succulents saucissons et ces délicieuses  charcuteries. Sans le sous, je méditais comment me procurer un de ses excellents  saucissons. J’attendais la fin de la matinée et je décidai de suivre cet artisan charcutier. Il habitait une jolie maison avec un grenier.
L’accès au grenier était facile et sans danger par l’extérieur de la propriété. Le lendemain lorsqu’il partit pour son boulot au marché, j’en profitai pour m’introduire dans son grenier.
Ô bonheur de ma vie, que de bonnes choses suspendues et en train de sécher dans ce musée de la charcuterie.
Je commis alors ce qu’il n’est pas légal de faire, c’est-à-dire de m’emparer d’un mets qui me faisait saliver. Une immense saucisse à l’odeur très bonne et agréable pour mon organe olfactif.
Je pris mes jambes à mon cou et allai me mettre en sécurité dans ma petite cachette. Et c’est là que je sortis cette saucisse de mon sac, que je croquai à pleine dent. « Ouille ! » hurlais-je, mais qu’est-ce que c’est que ça ? Je venais de mordre dans un camée qui se trouvait à l’intérieur de la saucisse.
Résultat, j’y laissai ma seule dent en or que je n’avais heureusement pas avalée et que j’avais recueillie et enveloppée dans mon mouchoir.

Moralité : le mal que tu commets te revient tôt ou tard à la figure.
Mais je n’en restai pas là et décidai d’aller rendre la saucisse au charcutier avec en prime ma dent en or, car fortement accusé par ma propre conscience. Il me demanda : « Pourquoi avez-vous fait cela ? » Je lui répondis en toute honnêteté que je n’avais pas pu résister et que j’étais sans  le sou.
Et c’est à ce moment que se produisit l’inattendu. Il m’offrit la saucisse tant convoitée, me rendit ma dent en or et me dit « Ne recommencez plus ».

Objet : camée
Personnage : charcutier
Lieu : grenier
L'embarcation de ma vie

Je la décrirais comme un bâtiment de combat avec un poids vertigineux. À son  bord de curieux objets ronds et sphériques faits de fer. C’était une époque lointaine à mi-chemin d’aujourd’hui. On y rencontrait des gens méchants, des bandits et qui franchement n’étaient pas très futés. Cette vie m’a projeté vers un présent fort heureusement bien meilleur, grâce à  cet objet que j’ai laissé derrière moi pour mieux avancer.

L'objet décrit était : le boulet
Textes écrits par

Pascal K.

« En chemin avec le personnage »

Écritures

En cette journée pluvieuse,
C’est avec mes pieds que je me
Rendis en l’Eglise protestante Saint Pierre Le Vieux.
Ici, en ce lieu, j’ai pris une feuille,
Trituré mon esprit pour faire sortir des mots.
Un mot puis une, deux, trois phrases se sont couchées sur cette feuille.
Résultat, me voilà arrivé proche de la fin de l’exercice.
Et j’ai hâte de partager ma création et d’entendre
S’ils le veulent, celle des autres.

Me voilà dans ma position favorite

Me voilà dans ma position favorite, assis sur un lit, les pieds bien à plat, les yeux fermés, méditant, profitant de l’instant présent.
Ma position est stratégique car à cet endroit précis, les rayons du soleil me procurent cette douce chaleur dans laquelle baignent mon corps et mon esprit.
Oh ! Je vous vois venir, cette pièce n’est pas la plus belle qui soit et oui je vous l’accorde, j’ai tenté de tapisser cette pièce. Mal m’en a pris, j’y ai vu certaines limites. Quoique ! Pourquoi tapisser comme tout le monde ? Pourquoi devrait-elle monter jusqu’au plafond ?!
Noooon. Moi c’est de l’art que je fais, humblement. Je permets aussi à cette matière brute d’être vue.
Par contre, admirez ce carrelage magnifique, j’ai l’impression que mes pieds baignent dans un ciel étoilé.
Pardon ! Que dites-vous ? Un boulet ? Oui, j’en ai un à mes pieds. Comme tout le monde mais le mien est très léger et me rappelle ma condition d’humain et les aléas qui vont avec.

Le garçon et le loup

– Dis donc toi là, assis sur le lit, hurle le loup, je sais que tu m’entends, plus je parle et plus ton sourire béat s’élargit. Il m’agace, il m’énerve et m’enrage, Réponds-moi !
– Oui je t’entends. Comment puis-je faire autrement, tu hurles tant ! Je vais t’accorder le droit de discuter avec moi. Ta colère transpire de trop. Alors dis-moi, pourquoi es-tu ainsi ?
– Tout simplement car je te vois ainsi, assis mollement, inactif. Révolte-toi, agis, ne reste pas les bras ballants !
– C’est donc pour ça que tu es en colère. Penses-tu réellement que l’action passe par l’agitation, l’énervement, l’irritation et ce genre de ressenti ?
– Bien sûr ! Pour être en mouvement il faut avancer toujours et encore, lutter encore et encore, lutter contre ses travers.
– Ah bon ! Le crois-tu vraiment ? Saches que dans la vie, il y a bien des façons d’avancer. Il y en a même qui avancent à reculons.
– Des conneries tout ça !!
– Ooohhh calme toi le loup. Je ne cherche pas à t’offenser. Juste à te montrer d’autres voies et ce dernier mot entend le comme tu voudras. Tu me vois ainsi assis mais c’est pour mieux avancer, faire une pause pour mieux repartir.
– Des pauses et puis quoi encore, c’est une perte de temps et le temps c’est de l’argent.
– Ah l’argent, il n’y a pas que cela dans la vie, il y a bien d’autres richesses qui ne se voient pas.

Textes écrits par

Matthieu P.

Persévérance

Papa de ton visage je ne sais vraiment rien.
Et si l’on demandait un peu de te décrire,
Rien ne me viendrait à l’esprit et puis soudain
S’inventent les mots que je songe à te réécrire
Évidemment que dire sur toi, que dire sur moi
Véritablement, tu brillas par ton absence
Espérance, nourrissant tous ces tristes silences
Répondant à ce grand vide que tu m’as laissé
À l’inverse ce fût l’abondance que j’y gagnai
Narré sur ce parchemin et cette belle feuille blanche
Certes il y aura eu cette persévérance
En ce jour précieux je t’aime avec un grand A.

Texte écrit par

Pascal K.

Mélancholies

Avons-nous tous déjà connu ce retour en arrière tant rêvé ? Les absences et arrachement éthérés de l’être tant côtoyé, Tellement présent pour un avenir, vivant donc.
Esseulée mais enthousiaste.

Le phare

Tel un oiseau diurne qui cherche à se poser pour la nuit, voici le phare. Ce volatile pourrait s’y poser. Deux lumières se côtoient : le soleil qui se couche et disparaîtra ; et ce trait lumineux  qui tourne et permet aux égarés de s’orienter dans une nuit sans lune. Exactement comme mon départ comateux où mon cerveau se mit en pause, paupières ouvertes mais neurones inactifs, écoute activée mais cécité totale. Seuls les sons me guidaient dans ce néant ombrageux comme cette lumière guidant les marins du désert. Rien n’est logique sur cette image : où est la mer ? Pourquoi le phare illumine ce soleil encore présent ? Est-ce la Laponie?
Suis-je toujours vivante et me réveillerai-je bientôt ? Pourquoi ces questions ? Volontaires ou inconscientes ? Pourquoi moi ? Magie cérébrale temps que tu existes, j’en profiterai. Vive la vie.

 

Textes écrit par

Arlette R.

« Chocolat chaud et bottes de neige »

Un Noël, qu’est-ce que c’est ?

Un Noël, qu’est-ce que c’est ? Je ferme les yeux pour laisser venir à moi toutes les sensations en lien avec Noël. C’est le bouillonnement d’idées… ou pas, quant à la recherche de cadeaux. Lequel fera le plus plaisir ? Oui, je sais c’est l’intention qui compte mais j’y mets aussi une certaine attention.
Noël c’est les décorations du sapin avec son odeur, des guirlandes, des boules, des figurines, cette excitation des petits et des grands pour les cadeaux, les truffes au chocolat préparées dans la cuisine avec du chocolat plein les doigts, les odeurs des plats préparés.
Noël, c’est un temps de retrouvailles avec la famille, les proches, des rires échangés, des embrassades.
Noël, c’est aussi des chants, des musiques, l’église avec la crèche, le froid… ou pas, que voulez-vous ma bonne dame avec ce dérèglement climatique. C’est aussi toutes les couleurs présentes, ces lumières, cette chaleur du feu dans la cheminée qui crépite.
Noël, c’est un claquement de doigts, à peine arrivé et déjà reparti, c’est enfin cette attente jusqu’à l’année prochaine.

Depuis longtemps, je trace mon chemin

Depuis longtemps, je trace mon chemin
C’est un peu comme écrire sur une feuille blanche.
Je zigzague, je m’égare parfois, mais j’avance.
Des inconnus, de temps en temps, me tendent la main.
Et puis des fois souffle un vent
Qui écarte sur mon chemin des branches.
Ah la vie, c’est quand même une belle romance !
J’ai beau avoir pris de l’âge, demeure en moi un enfant.
Enfin, plus trop car je ne crois plus au père Noël.

Maudite clé, elle ne tourne pas.

Maudite clé, elle ne tourne pas. Allez un effort encore. Ah ça y est la porte s’ouvre ! Mais on y voit comme à travers une pelle dans cette remise. Où est la lumière ?
Je tâtonne le mur à côté de moi et trouve un vieil interrupteur. Je l’actionne et la lumière jaillit de l’ampoule et éclaire timidement cet espace. Je m’y aventure. Il n’y a pas grand-chose dans cette remise, quelques étagères où trônent des bibelots recouverts de poussière. Je crois même avoir dérangé une araignée dans son sommeil.

Je fais encore quelques pas et découvre une grande bâche. Ah ! Voilà enfin un trésor ! Je tire d’un coup sec la bâche et oh, mon Dieu !! Un mort !!
Passé ma frayeur, je le détaille. Aux pieds de grosses bottes noires. Puis un pantalon rouge, une ceinture noire qui pend et ne retient plus grand-chose, un manteau rouge… et… sur la tête un bonnet.
Non !! Impossible !! Un tel accoutrement !! Mais non je ne le crois pas ! Ce n’est quand même pas le père Noël !?
Je suis submergé par les émotions. Aaaahhh le père Noël est mort !!! Ouiiiii, trop bien, je suis dans la maison du père Noël !!! Mais alors le père Noel existait donc, et on m’aurait menti !?
Mais une question m’assaille : qui a donc tué le père Noël ?

Textes écrits par

Matthieu P.

« Saveurs et fragrances »

Au détour de la bibliothèque

Tu passes le seuil de ma porte et aussitôt, te voilà transportée dans mon monde. Un monde de mystères, d’histoires oubliées et de mots surannés. Je te réconforte par les effluves inimitables des pages de mes vieux livres, cornés et jaunis par le temps. J’évoque en toi les souvenirs fantasmés de mille aventures couchées sur le papier. 

Le bois des meubles, lui aussi, transporte ses parfums chaleureux jusqu’à toi, et ta main s’attarde sur leurs contours vernissés. Le silence te transporte et te contient. Si la poussière remonte jusqu’à ton nez, tu t’en réjouis ! Car tu sais profiter de mon espace solitaire, qui t’invite à rêver l’impossible…

Sale temps pour les avocats

L’homme en complet veston se hâtait à grand pas dans les rues traverses de la vieille ville. Il jeta un œil derrière lui, accélérant encore la cadence. Oh non, ils allaient le rattraper ! Quelle idée de s’enfoncer dans les territoire des mafieux sans escorte ! C’était le meilleur moyen de se faire refroidir.
Il sursauta violemment quand un vagabond édenté le percuta au détour d’un croisement.
– La charité, une petite pièce, s’il-vous-plait !
L’homme se détourna en grimaçant, les narines agressées par l’odeur. Le mendiant tenait un sachet souillé de sauce dans laquelle s’étaient collés d’autres immondices, probablement pêché dans une poubelle. Il vérifia que sa mallette était toujours bien accrochée au poignet. Si les malfrats mettaient la main dessus, il perdrait bien plus que son procès.

Il entendit soudain une course de pas rageurs marteler les pavés environnants. Vite, vite ! Quelque part, un abri ! Son nez se retroussa tout à coup car ici, des fumets indélicats vomissaient leurs déchets : des bennes et des poubelles putréfiées lui barraient la route.
Et dans son dos, des cris. Plus le temps de réfléchir ! Il escalada la paroi d’un conteneur nauséabond, suffocant courageusement sous les sacs éventrés qui s’agglutinaient autour de lui et sur lui.
Une viscosité trempa sa manche et il se retint de justesse de régurgiter son déjeuner. Il regrettait amèrement son choix. Mourir sous les lames des yakuzas eut été bien plus réjouissant ! Un rat mordit son mollet et il couina de terreur en appelant mentalement sa maman. Décidément, sale temps pour les avocats !

Textes écrits par

Florence B.

« Démasqué ! »

Suffocation dentellière

Elle portait une chauve-souris en dentelle noire sur ses yeux de husky. Des canines ivoiriennes crochaient sa bouche carmine aux lèvres pulpeuses,
Une vampire polaire !
Sous la fourrure de son long manteau j’espérais une guêpière arachnéenne et de longue cuissardes noires…
Je la suivais enivré par son parfum épicé dans le dédale de cette ville dont je ne me rappelle plus le nom.
Des fifres et des tambours animaient la nuit et l’effervescence du vin que l’on cueillait dans des flûtes disposées ça et là faisait

pétiller mon cerveau, qui ne tarda pas à entrer en ébullition quand la créature se retournant brusquement me pointa du doigt.
Je restais là, suffoqué de désir et figé comme une motte de beurre gelée…
A mon réveil, dans la nuit de la grotte, la tête en bas, serré contre la douce fourrure de mes congénères je fus rassuré instantanément.
Quel rêve absurde !

Poste et bretelles

Cette année au carnaval des ministères les fonctionnaires des postes veulent prendre leur revanche !
L’année passée les finances et budget les ont coiffé au poteau avec leur char pris d’assaut par les amendements et autres 49-3.
Cette année surfant sur la vague LGBT les facteurs en bas résille marqueront vos fesses à coup de tampon, pèseront vos kilos excédentaires avant de les envoyer à pétaouchnock, tout ces

fonctionnaires timbrés trieront de façon aléatoire vos plis, mandateront vos envois pécuniers pour des inutilités vitales et sèmeront du geste auguste du dilapideur vos économies fleurant bon la sueur frontale !
Avant l’éblouissant final entre strip et tease le match de boxe-tox !
Faites glisser les bretelles !!!!

Textes écrits par

Pascal H.

Carl Snoilsky Dikter

Ich bin Carl Snoilsky Dikter une ich komme aus Samlingen. Comme vous l’aurez compris, ou pas, je suis autrichien. Je viens de la très grande ville de Samlingen de la province de Tredje. Je suis quelqu’un d’extrêmement riche… enfin intérieurement parlant parce qu’extérieurement, c’était mieux avant. Je me suis fait dépouiller mais ça c’est une autre histoire. De mon glorieux passé, il ne me reste plus que cette bague und ce livre aussi avec mon nom dessus. L’avantage de cela c’est que comme je perds la mémoire, ça me permet de me rappeler comment je m’appelle et d’où je viens. A moins que ce ne soit le nom de quelqu’un d’autre. Yo, je me rappelle plus ! Ach si, si c’est bien moi. Ach cette mémoire !!
Ma famille était connue pour détourner les objets. Tenez, cet objet vous croyez que c’est un livre. Ach nein, das ist ein porte-monnaie. D’ailleurs il ne porte plus beaucoup de monnaie en ce moment.
C’est comme ça, vous croyez que c’est une bague. Ach nein, raté, das ist ein mini panier pour porter pfiooo une groseille. Inutile me diriez-vous. Hmmmm, ja, ja, c’est pour ça que je ne l’ai jamais vendu.

Le char du Carnaval

Ach rappelez vous qui ich bien, Carl Snoilsky Dikter. Eh bien dans mes pérégrinations, je suis arrivé en Transylvanie et me suis fait exploiter euh engager, (pardon je ne maîtrise pas toutes les subtilités de votre langue ou alors je les maîtrise trop bien).
Je disais que je m’étais fait engager pour créer un char pour le carnaval. Je fous avais dit que ma famille faisait des objets improbables. Qu’est-ce que je me suis amusé !! Au pays des vampires, forcément, j’en ai mis sur mon char. Ils étaient schön surtout avec leurs dents longues et acérées, des buveurs de sang. Mais yo faut pas effrayer les enfants, c’est carnaval, pas halloween. Alors pour les faire paraître grotesques, devinez quoi ? Ach mince maudite mémoire, je me rappelle plus. Ach ja c’est bon, je me souviens. Je leur ai fait faire la danse des canards.
Ach qu’est-ce qu’on s’est bidonné !! On a même gagné le prix du meilleur char ou alors celui du plus ridicule je me souviens plus.

Textes écrits par

Matthieu P.

« Un voyage à Strasbourg »

Atelier déambulé dans l'exposition du 5e Lieu
Elles pendent au nez

Oyez, oyez, braves gens, ouvrez donc vos esgourdes, je vais vous conter la véritable histoire du lycée des Pontonniers. Ce bâtiment a été façonné par une armée de nains, car ce peuple se montrait fort habile dans l’art de la construction. Il en fallait de l’habileté d’ailleurs pour construire ce bâtiment si ambitieux. 
Ils commencèrent par creuser de profondes fondations d’où ils tirèrent bien des richesses comme des pierres précieuses, mais aussi des ossements de mammouth et des écailles de dragons (hé oui ils ont existé). Comme vous pouvez le constater, le sous-sol strasbourgeois contient bien des merveilles. Grâce à cette variété de richesses trouvées, les nains ont donc pu donner vie à un bâtiment magnifique qui tire son nom ponthonnier, des nombreuses richesses qui « pendaient au nez » des nains. 

Cité Rotterdam

Ouais vas-y, on m’a demandé de parler du lieu dans lequel je crèche. Moi je suis trop balèze, j’habite dans deux villes à la fois. Hé ouais mssieurs dames, à la fois à Strasbourg et à Rotterdam, c’est le nom de ma cité. En plus comme c’est rue Valenciennes, ça fait trois villes en une. Au moins comme ça, je visite la France et l’Europe.
Parce que voilà, on n’a pas trop de moyen dans la famille. Alors voilà, on habite au premier étage d’une cité qui en compte treize. On habite à 4 dans 30m². Mes parents sont sympas, ils ont pris le salon pour dormir et ma petite sœur et moi, on se partage la chambre.

C’est pas très grand, on se marche un peu dessus les uns les autres, ça crie, ça rigole, mais je changerais pour rien au monde avec un appartement plus grand, on se chamaille mais c’est la vie. Moi ma cité, je la kiffe et j’y suis attaché.
 

Qui suis-je ?

Je suis un bâtiment au bord de l’eau qui a souvent changé de nom. Comme cette musique agaçante qui passe beaucoup dans ce musée, beaucoup de gens, étant passés en mon sein, en sont sortis agaçants eux-aussi.
Comme l’eau qui bouillonne à mes pieds, beaucoup de cerveaux ont aussi bouillonné d’idées qui comme l’eau l’été se sont évaporées. C’est bien dommage.

Quoi, non je vous vois venir, je ne suis pas inutile. On enfermait les prisonniers par le passé chez moi, il serait peut-être bon que ceux qui arpentent mes couloirs soient eux aussi enfermés.

Je suis l’Institut National du Service Public (ENA)
 

Plongée sensorielle

Clang, Clong, Chting, ratatata, crrrrrr, ssssss, ces sons multiples n’en forment à la fin qu’un seul, celui du travail, de l’effort quel qu’il soit.
Que ce soit le bruit du sable qui s’écoule, du bois qu’on découpe, des marchandises qu’on décharge, c’est une partie de la vie strasbourgeoise qui se passe ou s’est passée, ce son qui rappelle celui du travail bien fait, du souci du détail.
 

Textes écrits par

Matthieu P.

Poudlard à l'alsacienne

En quittant la place Saint Etienne, on marchait sur un pont entre amis quand mes regards se sont posés sur une grande bâtisse colorée. Blanche, rouge, brune, verte et grise, avec ses poutres ressortant en déécoration, ses tuiles foncées pâlissant peu à peu au soleil, et ses arbres touffus dissimulants la cour intérieure, j’avais devant moi le lycée des Pontonniers. La tour au fond me fit penser à un château. « C’est Poudlard » lança une amie en riant. Aussitôt, cette maison qui par sa netteté et son éclat m’avait paru d’abord hospitalière, m’inspira soudain un léger frisson.
J’imaginais maintenant une école mystérieuse, dont la coquille était une vitrine pour les passants ignorants comme nous, et dans laquelle était prodigué un savoir occulte, où chaque élève pratiquait quotidiennement quelque art expérimental interdit, ignorant qu’il était lui-même le jouet d’une sombre organisation. Je me demandai combien d’élèves avaient déjà disparu sans explication, mais en me retournant, l’école disparaissait déjà au coin de la ruelle, et mes idées folles également.

Elle passe, indifféremment

Elle passe. Elle passe par des petits lits de rivières brunes et des cours d’eau artificiels, par des barrages grisâtres et des écluses bleu métallique rouillés. Elle voit. Elle voit de tout au dessus d’elle : branches brunes penchées tristement, garnies ou nues, Cannes à pêche qui espèrent, bâteaux de croisière gris et blancs, ou petits canoës oranges. Elle est dérangée par de petits ricochets comme par des baigneurs à la sauvette, comme par de grands remous formés par le passage de la péniche sombre. Mais elle passe inlassablement, faisant fi de tout ce qu’elle voit et qui pourrait la troubler. Elle passe en forçant, créant un bruit de lutte assourdissant entre elle et le vent. Elle vainc, indifféremment. 

Textes écrits par

Myriam D.

Cathédrale majestueuse

Cathédrale majestueuse, tu dresses fièrement ta flèche dans le ciel de Strasbourg et proclame à toute la ville que nul ouvrage ne t’égale en magnificence, témoin d’un passé ambitieux. Une foule nombreuse parcourt tes abords et tes entrailles, et tu la laisses patiemment t’observer dans chaque recoin et curiosité. Les plus sportifs visitent l’horloge astronomique, et des musiciens jouent sur tes parvis.

Gare à vous, malheureux !

Gare à vous, malheureux, de mettre un pied dans cet antre à monstruosités ! Dès vos premiers instants, des regards désincarnés observeront chacun de vos mouvements, et jugeront votre inculture abyssale. Des soldats en uniforme garderont les croisements de chaque galerie et gare à celui qui oserait souffler d’un peu trop près sur les horreurs révérées !
Voilà le lieu parfait pour terroriser vos enfants à coup de terrible créativité. C’est aussi, pourquoi pas, une alternative intéressante au film d’horreur avec votre chérie.
Alors, oserez-vous mettre les pieds au Musée d’art Moderne ?

Photographie aérienne

Vues de l’espace, les constructions resemblaient à des cellules aglutinées. Cette planète n’était pas répertoriée sur ma carte intersidérale et je me demandai comment, malgré l’existence des voyages spatiaux depuis plusieurs siècles, nul zorbélien n’avait encore traversé cette région de l’espace. J’observai quelques remarquables fortifications, plutôt massives en regard d’autres structures. Peut-être celles-ci accueillaient-elles les conseils institutionnels ou autres réunions de dignitaires.
A quoi ressemblaient leurs habitants ? Etaient-ils multipèdes ? Avaient-ils un radar intégré biologiquement, communiquaient-ils avec des phéromones ?
J’actionnai la séquence d’atterissage d’un geste souple de mes tentacules poilues. J’étais prêt à rencontrer ma destinée et découvrir enfin, le premier peut-être, cette nouvelle civilisation…
Je les appelerai… les humains.

Textes écrits par

Florence B.

Main qui dirige son stylo sur un carnet pour écrire